Blog - Ateliers SPMM

Appel à Projets Territoire Intelligent 2 : échange avec Fabienne Roberti, référente opérationnelle



Dans le cadre de l’Appel à Projet Territoire Intelligent 2, nous avons échangé avec Fabienne Roberti, référente opérationnelle Smart Région au sein de Spi, avant la fermeture de la soumission de projets lors d’un de nos ateliers dédiés au Smart Project Management Model (SPMM). L’occasion pour nous de revenir sur les mécanismes d’un appel à projets et le soutien apporté par les différents référents, opérationnels ou académiques.

1693555892993

Bonjour Fabienne. Peux-tu nous expliquer comment fonctionne un appel à projets régional ?

En Wallonie, de manière générale, un projet est préparé par l'administration, voté par le gouvernement et diffusé vers les organismes concernés par l'administration et par le gouvernement. C’est une proposition de subsidiation à laquelle il faut répondre dans un délai imparti. Une fois les candidatures déposées, en général via le guichet des pouvoirs locaux, elles sont analysées et évaluées par l'administration et éventuellement par des externes. Les lauréats sont, in fine, désignés par les décideurs publics.

Concernant la soumission, le fonctionnement dépend de la taille des communes. Au sein d’une petite commune, le Directeur Général se charge généralement de la soumission du dossier, sauf si une personne est spécifiquement intéressée par les projets Smart Cities. Dans une commune de plus grande taille, suivant les thématiques, le porteur de projet proviendra de l'un ou de l'autre service spécifique.

Dans tous les cas, répondre à un appel à projets n’a de sens que si l’appel permet de combler un besoin. Si tel n’est pas le cas, l’énergie dépensée le sera à mauvais escient quel que soit le taux de subsidiation proposé.

Quelles sont les spécificités de l’Appel à Projet Territoire Intelligent 2 (AAPTI2) ?

Cet appel à projets est destiné exclusivement aux communes et provinces, elles sont les seules à pouvoir y répondre. On l’évoque depuis mai 2022, il y a donc eu énormément d'anticipation. Cela a permis aux candidats d’avoir une réelle réflexion sur leurs besoins et de se préparer au mieux. Ensuite, il permet de soumettre des projets innovants mais également de répliquer des projets existants. Cet aspect est vraiment important puisque le délai pour la mise en œuvre des projets est relativement court (les lauréats seront en principe désignés fin novembre 2023 pour des projets qui doivent se terminer au plus tard fin décembre 2024). Cela montre que des communes peuvent être considérées comme innovants en appliquant à leur territoire un projet qui existe ailleurs et qui a déjà fait ses preuves. Enfin, le taux de subside de cet appel, relativement exceptionnel, est une autre spécificité : 70 % du coût est subsidié, et 10% supplémentaires sont octroyés pour la gestion du projet.

Identifies-tu des freins et leviers à la soumission de projet à cet AAPTI2 ?

Le premier levier est le taux de subventionnement qui est très élevé. Ensuite, il y a un intérêt de la plupart des communes de se moderniser et de se numériser en bénéficiant de ce coup de pouce bienvenu. Enfin, c’est également une potentielle bonne communication de pouvoir mettre en avant un projet numérique qui concerne les citoyens.  

Concernant les freins, il peut être délicat d’attendre des communes, en particulier de celles disposant de ressources limitées, qu’elles entreprennent des projets innovants avant d’avoir renforcé leur base (i.e. outils métiers, données, connectivité). Ensuite, un appel à projets si proche de l’échéance électorale communale peut aussi limiter le nombre de soumissions. Enfin, il y a un manque de moyens dans le chef des communes car les budgets 2024 ont déjà été votés, ce qui ne laisse pas nécessairement de ressources, tant financières qu’humaines pour un projet supplémentaire.

Quel rôle joue Spi dans cet appel à projets ?

Avant tout, Spi a un rôle de sensibilisation, qu'il soit collectif ou individuel, qu'il soit écrit ou oral : sensibiliser au maximum, être certain que les personnes qui seront les plus réceptives sachent que cet appel à projets existe.

Spi participe aussi à la réflexion quand le projet n'est pas clair pour la commune et à fortiori pour une organisation supra communale.

Dans le cadre de cet appel à projets, j’ai beaucoup expliqué les conditions, les thématiques, les montages possibles, qui ne sont pas nécessairement facilement compréhensibles quand on survole les textes.

Le rôle de Spi est aussi de créer des liens entre différents projets notamment quand on identifie plusieurs projets sur une même thématique, afin que ceux-ci n'entrent pas en concurrence. Nous mettons en contact les différents acteurs pour qu’ils aient un projet idéalement commun.

Spi encourage également la réplicabilité en partageant des informations sur les projets Smart existants en Wallonie, jusqu’au cahier des charges, en collaboration avec d’autres référents opérationnels.

Comment penses-tu que le Smart Project Management Model (SPMM) et les ateliers qui en découlent, peuvent être utiles dans le dépôt de dossiers dans des appels à projets ?

J’aime beaucoup le modèle SPMM parce qu'il permet de structurer la réflexion. Il comporte une série de prérequis auxquels on ne pense pas nécessairement. Par exemple, s'il n'y a pas de volonté politique pour déposer un projet, il est inutile que l’agent communal s’y investisse. 

Dans le cadre des ateliers, nous nous sommes focalisés sur la phase de planification. Cela confronte le projet avec ses objectifs, indicateurs, les finances nécessaires ou encore la manière d’établir un lien avec le citoyen. C'est vraiment important pour les participants de bénéficier de regards externes. Cela permet de confronter une idée à d’autres points de vue, de challenger les projets. C’est ainsi qu’on améliore une idée de départ. Cela permet aussi d’être confronté à ses limites (ex. les délais nécessaires à la réalisation d'un projet). C’est important de se confronter aux autres porteurs de projets, mais aussi à l'équipe du Smart City Institute qui apporte sa rigueur scientifique à la réflexion et qui recadre certaines illusions. Ces ateliers permettent réellement un enrichissement des projets. Ils apportent aussi de la structure. Le dossier de candidature peut être fastidieux à remplir. La structuration apportée par les ateliers SPMM sont un premier pas dans le bon sens.

Partagez cette news